« Trois questions à » Gilles Kasic, compositeur et interprète de la musique du poème d’Olivier Peraldi, La voix d’Octavie.
Le hautboïste Gilles Kasic revient sur la composition pour cor anglais de La voix d'Octavie.
Gilles Kasic, vous avez travaillé avec le poète et écrivain, Olivier Peraldi, pour créer la musique qui accompagne son poème La voix d’Octavie. Quel rapport le musicien et compositeur que vous êtes entretient-il avec la poésie, et quelles furent, en tant que compositeur et musicien, vos voies d’inspiration pour cette création ?
GK.- Dès mon entrée au lycée, grâce à un fabuleux professeur de français, j’ai adoré la poésie notamment romantique et bien entendu du 20e siècle. Ce long poème, je l’ai lu plusieurs fois, en entier, par morceaux. Puis, à la table avec un crayon, je l’ai analysé comme je l’ai appris au lycée. Je me suis même permis de donner des titres à quelques extraits. Une fois ce travail « intellectuel » réalisé, je pense avoir trouvé une ligne directrice pour la musique. J’ai pris mon hautbois, mis le texte sur le pupitre et j’ai improvisé. Dès que quelque chose me paraissait pertinent, je notais les idées. Ainsi s’est construit mon discours musical. Il y a ensuite eu un travail à la table pour régler certains détails, de silence, de musique sans texte, de texte sans musique.
Vous avez choisi d’exprimer la sensibilité du poème en optant, plutôt que le hautbois qui est votre instrument de prédilection, pour le cor anglais. Pourquoi ce choix ?
GK.- En fait, je joue du cor anglais et du hautbois d’amour. C’est la sonorité plus chaude et plus ronde du cor anglais qui m’est apparue être un meilleur choix que le hautbois. J’ai dû changer de petites choses dans ma musique pour donner plus de profondeur à certains passages. Aujourd’hui, je me félicite d’avoir fait ce choix.
Vous qui avez joué dans les plus grandes salles de concert classique, animé des master class en Europe, aux États-Unis, en Nouvelle Calédonie ou encore en Chine, et avez été secrétaire général de l’Orchestre Colonne pendant de nombreuses années, que retenez-vous de cette expérience artistique de synergie entre musique et texte poétique ?
GK.- En fait, je ne me sens pas compositeur. Je me sens artiste, ambassadeur des compositeurs, morts ou vivants. C’est par amitié avec Olivier et sur son insistance, que j’ai finalement essayé. Je n’étais pas serein. Je ne voulais pas que ce soit un exercice comme cela pourrait arriver en classe d’écriture. Finalement, ce travail n’a pas été un exercice et j’ai pris beaucoup de plaisir à illustrer musicalement le geste artistique et poétique d’Olivier. Et en toute confidence, quelle expérience d’enregistrer sa musique en studio ! Et en plus, deux fois. Cette version avec Olivier comme récitant a été comme une cerise sur un beau gâteau. Et je suis particulièrement heureux qu’Élisabeth Colombo nous ait rejoint pour illustrer, cette fois-ci picturalement, tout cela.

Œuvres concernées
